Au début des années 1980, presque toutes les eaux usées du Québec étaient rejetées sans aucun traitement dans les cours d’eau. Dans le but de favoriser la construction de station d’épuration, le gouvernement québécois a adopté en 1978 le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ).
Il fut très efficace et aujourd’hui de 98 % des municipalités desservies par un réseau d’égouts traitent leurs eaux à une station d’épuration. Les rejets de matières organiques (DBO5) ont ainsi diminué de 72 %, les rejets de matières en suspension (MES) de 78 % et les rejets de phosphore de 56 %.
Débordement dû aux fortes pluies
Malgré les progrès fait dans la construction d’usine d’épuration, le problème des égouts unitaires persiste. Les égouts unitaires recueillent autant les eaux usées que les eaux de pluie provenant des toits de maison et des rues. Ainsi, lors de fortes pluies, les stations d'épuration reçoivent une quantité d’eau plus importance que leur capacité de traitement et doivent rejeter les eaux usées non traitées. Ces débordements sont concentrés pendant l’été et peuvent être relativement fréquents. Ces rejets contaminent l’eau entre autre par des bactéries de type E. coli, ce qui entraîne une perte des activités récréatives.
Ce problème est lentement résolu puisque depuis les années 80, les nouveaux égouts doivent être séparatifs, c'est-à-dire qu’une canalisation est dévouée à l’eau de pluie et une autre aux eaux usées. Par ailleurs, le problème peut être contré par l’installation de grands bassins de rétention qui permettent d’accumuler l’eau lors de fortes pluies, pour qu’elles soient traitées plus tard à l’usine d’épuration.
Contamination par des bactéries
La qualité de l’eau du fleuve, entre autre pour ce qui est des activités récréatives, est encore faible à plusieurs endroits à cause du manque de désinfection des eaux usées. La désinfection des eaux permet de diminuer la quantité de bactéries (telle que la bactérie E. coli) qui est rejetée en utilisant un traitement à l’ozone ou aux ultraviolets. Au Québec, seulement 40% des eaux usées sont désinfectées. Toutefois, ce pourcentage s’élèvera à 80% une fois que la construction des installations pour la désinfection à l’ozone sera terminée à l’usine d’épuration de Montréal.
Le cas de Montréal
La Station d’épuration des eaux usées de Montréal est située sur la pointe est de l’île de Montréal. Elle traite toutes les eaux usées provenant de l’île de Montréal, soit 30 m3/s ou 2,5 millions m3/jour. C’est l’une des plus grandes en Amérique du Nord et se classe parmi les cinq plus grandes stations au monde.
La Station retire près de 260 tonnes métriques de matières solides par jour, offrant des rendements de 80% sur les matières en suspension, de 70% sur le phosphore et de 45% sur la DBO5 (demande biochimique en oxygène).
Le processus d’épuration comprend plusieurs étapes de traitement:
- dégrillage (retrait des matières solides, telles que les branches et les serviettes hygiéniques)
- dessablage (retrait des sédiments provenant des ruissellements urbains ou de l’érosion des canalisations)
- coagulation et floculation (agglomération des matières en suspension par injection de produits chimiques)
- décantation (récupération des matières en suspension dans les boues s’accumulant au fond des bassins)
- désinfection (absente pour le moment)
Vous pouvez consulter le document suivant pour de plus ample renseignement sur les eaux usées de Montréal : Atlas des eaux usées de Montréal
Station d'épuration de Montréal |
sources :
MDDEP, La qualité des eaux du fleuve, 1990-2003
Station d'épuration de Montréal
crédits photographiques :
Eaux usées - Stock. xchng
Station d'épuration de Montréal
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